ÉVALUATION D’ENTREPRISE ET PROJET D’INVESTISSEMENT -
INTRODUCTION
CARACTÉRISTIQUES RECHERCHÉES D’UN RAPPORT D’ÉVALUATION
Lorsque l’on procède à une évaluation de projet ou d’entreprise on souhaite faire la démonstration de l’application d’une méthodologie en toute objectivité. La qualité principale d’un rapport d’évaluation se trouve dans la crédibilité de la démarche. La démarche doit être expliquée, précise et complète. La méthode appelée « Multiple du BAIIA » est très rarement la Méthode primaire utilisée selon les normes canadiennes (ICEEE) ou américaine NACAV. Les normes américaines sont reconnues mondialement et majoritairement utilisées pour évaluer une société publique. La date et le contexte de l’évaluation revêt une dimension unique, surtout lorsqu’on cherche d’abord à connaître la valeur des actions.
FONDEMENTS DE L’OBJECTIVITÉ ET CRÉDIBILITÉ DE L’ÉVALUATION
Voici sommairement comment procède un évaluateur professionnel pour déterminer la valeur :
- Identifier la méthodologie appropriée en fonction du contexte de l’entreprise ou du projet;
- Déterminer les flux monétaires « caractéristiques » annuels (Flux discrétionnaires);
- S’assurer que les flux monétaires sont représentatifs de l’avenir ou qu’ils ont fait l’objet d’une estimation de probabilités (étude de marché / étude commerciale);
- Les flux monétaires tiennent généralement compte de la fiscalité (protection fiscale);
- Les flux monétaires sont soumis à des taux d’indexation, de capitalisation ou d’actualisation justifiés par des indicateurs économiques réalistes;
- Dans son rapport l’évaluateur doit justifier ses choix et expliquer sa démarche;
- La conclusion de valeur est généralement établie à partir d’une fourchette de valeur;
LES 3 SCÉNARIOS LES PLUS SOUVENT RENCONTRÉS
- Entreprise existante contexte de croissance régulière ou contexte d’atteinte d’un cycle de maturité des affaires;
- Fusion d’entreprises avec un potentiel de générer des synergies d’affaires;
- Démarrage ou projet d’expansion qui vont générer des flux monétaires futurs et substantiellement importants;
MEILLEURES PRATIQUES EN FONCTION DE CES SCÉNARIOS
Scénario 1 : Entreprise existante avec un flux monétaire quasi constant
Un évaluateur professionnel s’assure :
- Que les états financiers sont relativement fiables et les classements comptables bien présentés;
- D’avoir accès aux données du grand livre historique;
- Que les BAIIA sont redressés et représentatifs d’un niveau de récurrence future;
- Que les flux monétaires nets tiennent compte de l’impôt et des protections fiscales appropriées;
- Que les flux tiennent également compte du besoin en réinvestissements;
- Que la méthodologie considérée est basée sur la capitalisation des bénéfices caractéristiques ou les flux monétaires caractéristiques (FTN);
Scénario 2 : Fusion d’entreprises avec synergies d’affaires
L’évaluateur s’assure :
- Même procédure que les éléments a) à e) précédent;
- Des calculs de synergies d’affaires sont établies et intégrés dans l’établissement de flux monétaires;
- Généralement la méthodologie considérée sera celle de l’actualisation des flux monétaires futurs (FTA);
Scénario 3 : Démarrage ou projet d’expansion avec un fort potentiel de générer des
flux monétaires futurs substantiels
Ce scénario est plus exigeant et demande une analyse plus exhaustive. Il fait appel à l’expérience et au jugement professionnel. Il n’est pas rare que le projet soit segmenté en différentes options (options réels). L’évaluateur doit :
- Obtenir des prévisions financières formatées en budget annuel;
- Utiliser des hypothèses de revenus et de coûts appuyées et documentées;
- Soumettre les hypothèses à différents scénarios commerciaux. Pour établir la conclusion sur la valeur on utilisera le mixte de scénarios le plus crédible;
- Soumettre les Flux monétaires aux :
- Besoin en réinvestissements (BER);
- Besoin (variation) en fonds de roulement (BFR);
- Déterminer une périodicité des prévisions financières en fonction d’une logique de commercialisation selon laquelle on prévoit une croissance inégale, suivi par l’un ou l’autre de :
- Maturité du marché (ex : produits de consommation discrétionnaire);
- Épuisement de l’actif (ex : Ressources minières);
- Fin de cycle de croissance (ex : marché plus restreint);
- Les prévisions se composent de : Flux monétaires annuels, suivi d’un Flux monétaire résiduel;
- Le Flux résiduel dépend de la maturité du projet ou la capacité d’absorption du marché;
- L’évaluateur actualisera le flux résiduel distinctement des flux monétaires annuels;
- La méthode utilisée est celle de l’actualisation des flux monétaires futurs (FTA) ou en anglais « Discounted Cashflow » (DCF);
L’ÉVALUATEUR TRAVAILLE GÉNÉRALEMENT DANS LE CADRE DES
MANDATS SUIVANTS
- Vente ou acquisition d’une entreprise existante. Auquel cas, on cherche d’abord à déterminer la valeur d’exploitation. La norme 110 est généralement utilisée. La transaction peut viser la valeur des actifs ou des actions. Si la transaction vise les actifs, l’acquéreur devra procéder à l’attribution du prix d’achat sur les actifs (PPA).
- Nouveau partenariat (échange ou émission d’actions). Dans ce cas on cherche à déterminer la valeur de chaque catégorie d’actions en fonction des caractéristiques et du pourcentage d’influence (droits de vote). Régulièrement un simple Rapport conseil peut être fourni à moindre coût. Au besoin, la norme 110 ou 210 peuvent être utilisées. La transaction visera généralement les actions.
- Vente ou rachat d’actions. Même caractéristique que le contexte précédent. En acquisition de contrôle, l’acquéreur paiera généralement une prime. Dans un cas de succession la date de l’évaluation sera généralement déterminée par un avocat ou un fiscaliste.
- Établir la valeur d’un projet d’expansion long terme. Auquel cas, on cherche d’abord à déterminer la valeur actuelle nette du projet (VAN). Généralement la structure organisationnelle n’aura que peu d’influence sur la valeur obtenue. La norme 110 ou 210 peuvent être appropriées, le choix dépendra généralement du mandat de l’évaluateur. Par exemple, si l’évaluateur participe à élaboration des prévisions long termes, la norme 210 sera davantage appropriée.
Dans tous les cas, l’expérience et le jugement professionnel jouent un rôle de premier plan.